Paul Ricœur a désigné par testament un « Comité éditorial » chargé de veiller aux éditions, traductions et publications de son œuvre ainsi qu’à un usage de ses archives et inédits restreint à des buts de recherche. Ce Comité a la responsabilité morale des archives et de leur utilisation. Il fournit un important travail de correspondance éditoriale avec des maisons d’édition du monde entier.
Les premières délibérations du « Comité éditorial Paul Ricœur », désigné par ce dernier pour veiller à ce que son œuvre soit « arrêtée » au plus près de la configuration qu’il lui avait lui-même donnée, ont permis de définir les quelques règles suivantes, qui devraient nous permettre de ne pas avoir à inventer chaque fois une réponse au cas par cas.
Parmi ces règles, il faut distinguer les obligations morales qui expriment la volonté de Paul Ricœur, et les obligations juridiques, par lesquelles tout projet éditorial (tel quel ou en traduction) doit s’enquérir des droits de copyright, et les demander à la maison d’édition ou à la revue concernée, chaque fois qu’il y a eu contrat. Lorsque ce n’est pas le cas, les droits appartiennent à la famille Ricœur et l’autorisation de réédition relève du Comité éditorial. Mais le droit n’implique pas forcément l’autorisation, et les obligations juridiques ne dispensent pas d’observer les règles proprement déontologiques qui suivent.
Pas de publications de cours, Paul Ricœur a été très formel sur ce point dans son testament, et nous ne nous sentons pas le droit de passer outre son point de vue. S’il y a un travail de mise en forme des manuscrits, ce travail se fait auprès du Fonds Ricœur qui a été institué pour cela. Ces cours seront mis à la disposition des chercheurs qui pourront alors les citer, etc. Le Conseil scientifique pourrait envisager de publier des « Cahiers d’études du Fonds Paul Ricœur », ou tout autre moyen de faire connaître ces travaux.
Pas de nouveau livre sous la signature de Paul Ricœur, notamment sous la forme d’édition sous un nouveau titre d’articles déjà publiés — ni en français ni en d’autres langues. Les droits de ces articles appartiennent aux éditions et revues où ils ont été publiés, quand il y a eu un contrat, et c’est vers elles qu’il faut se retourner. S’il n’y a pas eu contrat, ces droits appartiennent à la famille Ricœur, et l’autorisation de réédition relève du Comité éditorial. En tout état de cause, une nouvelle publication ne peut prendre le nom de Paul Ricœur que dans le titre, et non parmi les auteurs responsables du recueil. Toute réédition doit mentionner à qui appartient le copyright (maison d’édition, ou Comité éditorial Paul Ricœur), et l’année de l’édition princeps.
Conformément au droit international de l’édition, nous demandons aussi de pouvoir lire avant publication les introductions, préfaces, avant-propos, postfaces… proposées par l’éditeur et /ou le traducteur ; la longueur de ces textes ne devra pas excéder en nombre de pages 1/ 5° du volume de l’ouvrage.
Le Comité éditorial n’envisage pas la possibilité de la reproduction d’entretiens tirés d’émissions de radio ou de télévision, en dehors de ceux qui avaient été revus par Paul Ricœur pour une édition. Il en est de même pour tout autre enregistrement de cours ou de conférence. Si Ricœur lui-même était si réservé sur ce point, c’est qu’il ne voulait pas que son œuvre s’étende interminablement en dehors de ce qu’il avait expressément voulu éditer. Le Comité éditorial est bien conscient que ces entretiens présentent souvent un visage de l’œuvre plus accessible au grand public, mais il existe déjà un certain nombre d’entretiens écrits, revus par l’auteur.
L’éditeur majeur des œuvres de Paul Ricœur a été les éditions du Seuil, et le Comité éditorial préfère d’abord privilégier les projets conduits par ces éditions qui serviront ainsi en même temps au remembrement éditorial de l’œuvre — dans la mesure où ce seront des projets qui, en respectant les règles générales ci-dessus, mériteront d’être regardés comme de vrais projets éditoriaux utiles à une meilleure connaissance de l’œuvre et de la pensée de Ricœur. Les éditions du Seuil, qui se sont engagées à valoriser à long terme l’œuvre de Paul Ricœur, peuvent aussi décider de travailler en co-édition. Si les éditions du Seuil n’étaient pas intéressées par un projet qui nous paraîtrait néanmoins utile, le Comité éditorial est tout à fait disposé à travailler avec d’autres éditeurs.
Le Comité éditorial, qui comprend en son sein, nommément désigné par Paul Ricœur, le ou la bibliothécaire chargé-e du suivi de ses bibliothèques et manuscrits, estime important de rappeler qu’il n’existe qu’un seul Fonds Ricœur, à Paris, qui sera heureux de coopérer avec tout autre centre ou institution intéressés par l’œuvre et la pensée de Ricœur, mais qui espère avoir tôt ou tard copie de ce qui a pu être rassemblé ici ou là.
Le nom "Paul Ricœur" ne peut être utilisé sans consulter au préalable le Comité éditorial qui se réserve, au nom de la famille, d’entamer des poursuites pour toute utilisation abusive.
